Pourquoi votre site internet ne vous ramène aucun client

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ChapitreSite internet & visibilité

Vous avez un site.
Il vous a coûté de l’argent, ou du temps, ou les deux.
Il est en ligne depuis deux ans, trois ans, peut-être plus.
Et honnêtement, quand vous vous demandez combien de clients il vous a apportés, vous ne trouvez pas grand-chose à répondre.
Un ou deux, peut-être, et encore, des gens qui vous connaissaient déjà.
Alors vous en tirez la conclusion logique : « les sites, ça ne marche pas pour mon métier ».
C’est presque toujours faux. Ce qui ne marche pas, c’est ce que fait le vôtre.

Avoir un site et être présent en ligne sont deux choses différentes

C’est la confusion qui coûte le plus cher aux commerces et aux artisans.
Mettre un site en ligne, c’est comme ouvrir une boutique : ça ne remplit pas la boutique.
Une adresse existe, une vitrine existe, mais si elle est dans une ruelle où personne ne passe, si l’enseigne ne dit pas ce que vous vendez et si la porte est difficile à pousser, la boutique reste vide.
Le site ne fait pas exception.

Or, la plupart des sites de commerces ont été pensés comme une carte de visite : une preuve d’existence, quelque chose à donner quand on vous demande votre adresse.
C’est légitime, mais ce n’est pas un outil qui ramène des clients.
Un site qui ramène des clients fait un travail, tous les jours, sans vous.

Ce travail se décompose en trois métiers : être trouvé, être compris, donner envie de faire le premier pas.
Un site qui ne ramène rien est un site qui échoue à l’un des trois, et la plupart du temps il échoue aux trois d’un coup.
Voyons où ça fuit.

Un site n’est pas une carte de visite.
C’est un vendeur qui travaille pour vous la nuit, ou qui ne travaille pas du tout.

Les 4 raisons pour lesquelles un site ne ramène personne

1. Personne ne le trouve

La première fuite, et de loin la plus fréquente.
Votre site est en ligne, mais quand quelqu’un cherche votre métier dans votre ville, il n’apparaît nulle part.
Pas en première page, pas en deuxième.
Il n’est visible que par ceux qui tapent votre nom, c’est-à-dire les gens qui vous connaissent déjà.
Vous ne gagnez aucun nouveau client, vous confirmez juste votre existence aux anciens.

Les causes sont presque toujours les mêmes, et elles sont bêtes : votre ville et votre métier ne sont écrits nulle part clairement dans les pages, le site est lent, il n’y a qu’une seule page qui parle vaguement de tout, ou la fiche Google Business est vide, mal catégorisée, voire inexistante.
Pour un commerce local, cette fiche pèse souvent aussi lourd que le site lui-même.

2. Il parle de vous, pas de votre client

Ouvrez votre page d’accueil et lisez la première phrase.
Si elle ressemble à « Bienvenue sur le site de la société Untel, créée en 2008, à votre service depuis plus de quinze ans », vous avez trouvé la deuxième fuite.
Cette phrase ne dit rien à quelqu’un qui a un problème à résoudre maintenant.

Le visiteur qui arrive chez vous se pose trois questions, dans cet ordre : est-ce que ces gens font ce que je cherche, est-ce qu’ils le font là où j’habite, est-ce que je peux leur faire confiance.
Si les deux premières n’ont pas de réponse en haut de l’écran, il repart.
Il ne descend pas, il ne cherche pas, il retourne à la liste de résultats.
Il n’y a aucune raison qu’il fasse l’effort : il y a huit autres liens juste derrière.

3. Il est pénible sur téléphone

La majorité de vos visiteurs vous découvrent sur mobile, souvent debout, souvent pressés, parfois avec une mauvaise connexion.
Et on estime qu’on dispose d’environ trois secondes pour donner envie de rester.
Trois secondes, c’est le temps que met une page à s’afficher, ou pas.

Les symptômes sont faciles à repérer : le texte est minuscule et il faut zoomer pour lire, il faut faire glisser la page latéralement, le menu ne s’ouvre pas correctement, une image met cinq secondes à apparaître, le numéro de téléphone n’est pas cliquable.
Chacun de ces petits agacements fait partir une partie des visiteurs.
Mis bout à bout, ils vident la boutique.

4. Il ne demande rien

La fuite la plus discrète, et la plus frustrante, parce qu’elle concerne les visiteurs qui étaient convaincus.
Ils ont trouvé le site, ils ont compris, ils ont aimé. Et puis ils arrivent en bas de la page et il n’y a rien.
Pas de bouton, pas de numéro visible, un formulaire enterré dans un onglet « contact » avec neuf champs obligatoires dont le code postal et la civilité.

Un site qui ramène des clients propose un seul geste clair, répété, facile : appeler, demander un devis, réserver.
Un seul.
Quand on propose cinq possibilités, on n’en propose aucune : le visiteur se dit qu’il verra ça plus tard, et plus tard n’arrive jamais.

Le test de 3 minutes, à faire ce soir

Ne vous fiez pas à votre impression : vous connaissez votre site par cœur, vous ne le voyez plus comme un inconnu le voit.
Faites plutôt ceci, sur votre téléphone, pas sur l’ordinateur du bureau.

  • Ouvrez une navigation privée et tapez votre métier suivi de votre ville, comme le ferait un client. Apparaissez-vous quelque part sans taper votre nom ?
  • Ouvrez votre site et comptez trois secondes. Ce qui est lisible à l’écran à cet instant précis suffit-il à comprendre ce que vous faites et où ?
  • Essayez de vous contacter comme un client pressé. Combien de gestes faut-il pour vous joindre ? Le numéro se compose-t-il d’un seul appui ?
  • Regardez la date de la dernière information mise à jour, les horaires, une photo. De quand datent-elles ?

Faites le même parcours sur le site d’un concurrent que vous respectez.
C’est souvent ce dernier point qui fait le plus mal, et qui déclenche le plus de choses.

« Mais mon site est joli »

Sans doute, et ce n’est pas la question.
On confond souvent site raté et site laid.
Un site peut être élégant, avoir de belles photos, une animation soignée, et ne ramener strictement personne parce qu’il n’est pas trouvé, ou parce qu’il ne dit pas ce qu’il faut dans les trois premières secondes.

L’inverse est vrai aussi, et c’est plus rassurant : il n’est pas nécessaire d’avoir un site spectaculaire pour qu’il travaille.
Il faut qu’il soit trouvable, clair, rapide et qu’il propose un geste simple.
Le beau vient ensuite, et il sert à autre chose : à ce que votre vitrine soit à la hauteur de votre métier, à ce qu’on vous prenne au sérieux, à ce qu’on accepte votre prix.
Les deux comptent, mais dans cet ordre.

Ce que ça veut dire pour vous

Si votre site ne vous ramène rien, ce n’est pas une fatalité de votre métier, et ce n’est probablement pas une question de budget non plus.
C’est qu’il fait un travail de carte de visite alors que vous attendez de lui un travail de vitrine.
Les quatre fuites ci-dessus se corrigent, et elles se corrigent dans l’ordre : d’abord être trouvé, ensuite être compris, enfin donner envie.

Commencez par le test de trois minutes.
Vous saurez en sortant lequel des quatre points vous coûte le plus cher.
C’est déjà la moitié du chemin, et c’est gratuit.